2016-2019

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L’exposition Bas voltage / 1960-2019, première rétrospective consacrée à Pierre Buraglio, rassemble un peu moins de deux cents œuvres. Elle dévoile le contexte artistique et social sur lequel l’artiste a fondé son travail, tout en revenant sur soixante années de carrière.

Le parcours chronologique de l’exposition retrace les grandes étapes de la production de Pierre Buraglio.

Pierre Buraglio débute sa carrière par de la peinture figurative qu’il délaisse progressivement au profit de collages, montages et agrafages. Les œuvres naissent de l’assemblage de chutes de toiles découpées, de rubans adhésifs ou de surfaces de couleurs que l’artiste récupère dans la rue ou dans les ateliers d’autres artistes. Il s’attache au matériau, à l’objet, à l’œuvre en train de se faire.

En 1968, Buraglio s’engage pour la lutte sociale et interrompt momentanément son activité artistique. Il aborde les grands évènements historiques du XXesiècle, à  travers son histoire personnelle. Il poursuit ensuite son interrogation sur les processus de fabrication et les constituants de la peinture et les étend aux objets de son quotidien (portières de 2CV, pages de journaux caviardées).

Le réemploi l’incite à puiser dans l’Histoire de l’art. En 1976, il réinterprète de grands maîtres de la peinture avec ses « Dessins d’après… ». Giotto, Rodin ou encore Matisse, lui inspirent par la suite plusieurs séries.

La thématique de la figure et du paysage entre en scène dans les années 1990. L’artiste laisse de côté ses recherches conceptuelles : il reprend ses pinceaux et confronte figuration et abstraction.

Le MAMC+ soutient l’œuvre de Pierre Buraglio depuis les années 1980 avec l’acquisition de pièces majeures. Il poursuit ainsi son engagement avec cette rétrospective inédite.

Exposition …ECHO… Ceysson & Bénétière juin 2019 ©tous droits réservés

 Existe-t-il un style Buraglio, comme on parle d’un style Baselitz ou d’un style Buren ? Non
sans doute, tant sa production picturale s’est modifiée au long de sa carrière. Il ne s’est jamais
arrêté à une formule picturale qu’il aurait ensuite habilement répété. Il n’a pas hésité à
rompre, à vagabonder dans plusieurs directions, à pratiquer toutes sortes de techniques et de
matériaux. (…)

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Pierre Buraglio n’est pas un puriste : son approche est pratique et non essentialiste. Depuis cinquante ans, l’artiste utilise ce qui est à portée de main, produisant des peintures à base d’agrafes, de clous, et de collages d’objets prélevés dans son environnement immédiat (et plus récemment, des représentations picturales de ces objets) tout au long d’une carrière mouvementée qui se caractérise par un rapport subtilement érotique à la matière et aux individus impliqués dans cette production matérielle. (…) PIERRE BURAGLIO PB, 1978-2018 – 07 MARS – 27 AVRIL 2019 – NEW YORK


Pierre Buraglio, de la fenêtre

Pierres, parfois meulières, briques, tuiles, ferronneries d’appuis de fenêtre, branches, ciels : voilà ce que l’habitant des villes – singulièrement les moyennes, celles de la banlieue de Paris – voit par sa fenêtre. Morceaux de ce tissu urbain dans lequel le cadre tranche, échantillons de ces textures qui, combinées, constituent la trame de notre champ de vision, bribes de cette prose du monde dans laquelle nous sommes pris, Pierre Buraglio les peint, à la gouache, sur du carton. Fidèle à l’« économie du pain perdu » pour laquelle il a opté de longue date, il les retaille et les agence, les recadre, comme en un jeu de construction ou pour former une manière de rébus. Ce faisant, il occupe pleinement cette position intermédiaire, entre intérieur et extérieur, que Matisse dans ses portes-fenêtres a constituée en une sorte de ligne de front où se concentrent les tensions. Là en effet se rencontrent, se mêlent, voire se heurtent, le monde et le point à partir duquel on le comprend. Liens familiaux, souvenirs – avec le rôle que la maison et la peinture jouent dans leur fixation– , intimité, fragments du quotidien, engagements, mais aussi remémoration d’œuvres vues, telle est la matière dont ce point est fait et que le peintre s’ingénie à frotter au monde, pour y instiller non seulement une charge affective, mais encore une conscience plus aiguë.

Guitémie Maldonado, historienne de l’art et critique© tous droits réservés

 


  • Vues de l’exposition Pierre Buraglio, PB 1978-2018 New-York, mars 2019
  • Brijus variations, 2018 – Gouache sur papier, 44 x 22.5cm / 17.32 x 8.86 in ©Tous droits réservés
  • Rue Luigi Nano- 2016-2017. 67,5 x49 cm, peinture collage sur feuille de métal ©Tous droits réservés
  • Rue Thälman – 2015, repris en 201752 x 49cm.Peinture sur châssis de contreplaqué tronqué collection privée ©Tous droits réservés
  • La maison + moellons, 32,5 x39 cm. Peinture, collage ©Tous droits réservés
  • Blokoss lV, 2018, 19 x 30 cm ©Tous droits réservés
  • PB + Mur1 – 2016. 17,5 x15cm ©Tous droits réservés
  • « La maison + Malévitch II », peinture sur contreplaqué, 2017. (exposition « Se cantonner » – Galerie Jean Fournier). Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés
  • « La maison + Malévitch VI », peinture sur contreplaqué, 2017.(exposition « Se cantonner » – Galerie Jean Fournier). Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés
  • Vues in situ »le massacre des innocents_Picasso_Bacon » domaine de chantilly, 2017
  • Mouette, 2016, gouache sur carton, 20 x 16 cm. Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés
  • gouache sur carton cm. Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés 
  • Rue Gérard Philippe, 2016 – Peinture sur contreplaqué, métal, 38.5 x 46.5 cm / 15.16 x 18.31 Photo Alberto-Ricci © Courtesy Galerie Bernard Ceysson
  • Mon beau goéland, 2016 Peinture sur contreplaqué, certi de métal, 26.5 x 40 cm / 10.43 x 15.75 in Photo Alberto-Ricci © Courtesy Galerie Bernard Ceysson
  • L’appel de Stockholm, 2016 – Peinture sur contreplaqué, de métal, 24 x 18 cm / 9.45 x 7.09 Photo Alberto Ricci ©
  • gouache sur carton. Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés
  • gouache sur carton. Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés
  • gouache sur carton. Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés Photo Alberto-Ricci © Courtesy Galerie Bernard Ceysson

 in situ »le massacre des innocents_Picasso_Bacon » domaine de chantilly, 2017

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Bas voltage / 1960-2019

EXPLOREZ LES 60 ANS DE CARRIÈRE D’UN ARTISTE SOCIALEMENT ENGAGÉ

L’exposition Bas voltage / 1960-2019, première rétrospective consacrée à Pierre Buraglio, rassemble un peu moins de deux cents œuvres. Elle dévoile le contexte artistique et social sur lequel l’artiste a fondé son travail, tout en revenant sur soixante années de carrière.

Le parcours chronologique de l’exposition retrace les grandes étapes de la production de Pierre Buraglio.

Pierre Buraglio débute sa carrière par de la peinture figurative qu’il délaisse progressivement au profit de collages, montages et agrafages. Les œuvres naissent de l’assemblage de chutes de toiles découpées, de rubans adhésifs ou de surfaces de couleurs que l’artiste récupère dans la rue ou dans les ateliers d’autres artistes. Il s’attache au matériau, à l’objet, à l’œuvre en train de se faire.

En 1968, Buraglio s’engage pour la lutte sociale et interrompt momentanément son activité artistique. Il aborde les grands évènements historiques du XXesiècle, à  travers son histoire personnelle. Il poursuit ensuite son interrogation sur les processus de fabrication et les constituants de la peinture et les étend aux objets de son quotidien (portières de 2CV, pages de journaux caviardées).

Le réemploi l’incite à puiser dans l’Histoire de l’art. En 1976, il réinterprète de grands maîtres de la peinture avec ses « Dessins d’après… ». Giotto, Rodin ou encore Matisse, lui inspirent par la suite plusieurs séries.

La thématique de la figure et du paysage entre en scène dans les années 1990. L’artiste laisse de côté ses recherches conceptuelles : il reprend ses pinceaux et confronte figuration et abstraction.

Le MAMC+ soutient l’œuvre de Pierre Buraglio depuis les années 1980 avec l’acquisition de pièces majeures. Il poursuit ainsi son engagement avec cette rétrospective inédite.

Photos Claude Buraglio juin 2019 (tous droits réservés)



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