2016-2017

Pierre Buraglio, de la fenêtre

Pierres, parfois meulières, briques, tuiles, ferronneries d’appuis de fenêtre, branches, ciels : voilà ce que l’habitant des villes – singulièrement les moyennes, celles de la banlieue de Paris – voit par sa fenêtre. Morceaux de ce tissu urbain dans lequel le cadre tranche, échantillons de ces textures qui, combinées, constituent la trame de notre champ de vision, bribes de cette prose du monde dans laquelle nous sommes pris, Pierre Buraglio les peint, à la gouache, sur du carton. Fidèle à l’« économie du pain perdu » pour laquelle il a opté de longue date, il les retaille et les agence, les recadre, comme en un jeu de construction ou pour former une manière de rébus. Ce faisant, il occupe pleinement cette position intermédiaire, entre intérieur et extérieur, que Matisse dans ses portes-fenêtres a constituée en une sorte de ligne de front où se concentrent les tensions. Là en effet se rencontrent, se mêlent, voire se heurtent, le monde et le point à partir duquel on le comprend. Liens familiaux, souvenirs – avec le rôle que la maison et la peinture jouent dans leur fixation– , intimité, fragments du quotidien, engagements, mais aussi remémoration d’œuvres vues, telle est la matière dont ce point est fait et que le peintre s’ingénie à frotter au monde, pour y instiller non seulement une charge affective, mais encore une conscience plus aiguë.

Guitémie Maldonado, historienne de l’art et critique© tous droits réservés

 

  • Vues in situ »le massacre des innocents_Picasso_Bacon » domaine de chantilly, 2017
  • Mouette, 2016, gouache sur carton, 20 x 16 cm. Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés
  • gouache sur carton cm. Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés 
  • Rue Gérard Philippe, 2016 – Peinture sur contreplaqué, métal, 38.5 x 46.5 cm / 15.16 x 18.31 Photo Alberto-Ricci © Courtesy Galerie Bernard Ceysson
  • Mon beau goéland, 2016 Peinture sur contreplaqué, certi de métal, 26.5 x 40 cm / 10.43 x 15.75 in Photo Alberto-Ricci © Courtesy Galerie Bernard Ceysson
  • L’appel de Stockholm, 2016 – Peinture sur contreplaqué, de métal, 24 x 18 cm / 9.45 x 7.09 Photo Alberto Ricci ©
  • gouache sur carton. Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés
  • gouache sur carton. Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés
  • gouache sur carton. Photo Alberto Ricci ©Tous droits réservés Photo Alberto-Ricci © Courtesy Galerie Bernard Ceysson

 in situ »le massacre des innocents_Picasso_Bacon » domaine de chantilly, 2017



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